Ma première sortie…
Ce jour-là,
ma maman avait mis un très grand soin à faire ma toilette et celle de mes frères. Elle nous gâtait plus que
d’habitude; elle avait à peine
quitté notre demeure pour prendre un peu de nourriture.
Le soir venu, elle nous installa près d’elle, tout en rond, pour notre dodo.
« Bonsoir mes petits, dit-elle en léchant une larme
qui mouillait sa patte.
»
Cette tristesse subite de maman me
troublait. Sans doute était-elle
fatiguée. Six chatons à nourrir, c’est une grosse famille ! Mais le sommeil pesait lourd sur mes
paupières et m’empêchait de réfléchir.
Soudain, la lumière se fit dans la pièce : un gros monsieur s’avança vers nous.
« Oh ! qu’elle est jolie, celle-là !
Si vous le permettez, c’est elle que je prendrai. »
Et le monsieur me souleva doucement et m’enveloppa dans une couverture de laine.
« Au revoir, ma petite »
dit bravement ma mère, sois bien
sage.
Le monsieur m’emporta dans une drôle de
maison. La maison fit « broum,
broum, broum » et, croyez-le ou
non, la maison partit. C’était une maison qui roule…. J’avais bien
peur, il faut le dire. Toute petite
dans ma couverture de laine, à côté
d’un gros monsieur et dans une maison qui roule, oh la la ! enfin, la maison s’arrêta et le monsieur me
descendit avec mille précautions.
Maman, regarde ce que j’ai apporté pour Nicole. Je ne connaissais pas cette sorte de maman moi; je ne connaissais que la mienne avec une jolie tête décorée de moustaches et quatre pattes recouvertes d’un duvet soyeux.
« Oh ! le beau petit minou »,
dit la dame en me caressant. Comme il est mignon ! Peut-être aurait-il soif après un si long
voyage; je vais lui offrir du
lait.
Mais que voulez-vous qu’un bébé fasse avec un
bol de lait ? Tant d’affection me
comblait; je me mis à ronronner
et m’endormis aussitôt. Quand j’ouvris
les yeux, une petite fille, rouge de
bonheur, était là, inquiète de mes
moindres désirs.
Je me mis à pleurer de toutes mes forces.
La
maman comprit et revint avec un tout petit biberon qu’on aurait dit fait exprès
pour moi. Que c’était bon ! cela me remit de mes émotions.
Je me léchai un brin, me levai, fis le dos rond et m’étirai longuement pour lui montrer comme j’étais jolie.
« Une vraie petite boule de soie »
s’écrie ma nouvelle maîtresse. Vous croyez que je suis vaniteuse ! non , non, non. Je suis tout simplement coquette.
Et Nicole le comprit et me surnomma Coquette.
Auteur inconnu
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