Le poisson volant

 

Il était une fois, un poisson aux nageoires si longues qu’on aurait dit des ailes ;  elles étaient de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et provoquaient l’admiration de tous les habitants de la rivière.

 

Le poisson en était très fier et sillonnait les eaux à une telle vitesse qu’il gagnait toutes les courses.

 

Un jour qu’il avait très faim,  il vit s’agiter, au loin, un ver de terre bien appétissant ;  il se précipita sur lui en un éclair et l’avala ;  mais soudain,  il se sentit tirer hors de l’eau et comprit qu’il s’était fait prendre au piège ;  il était accroché à une canne à pêche !

 

Il eut si peur qu’il gesticula dans tous les sens,  se débattant avec furie ; la ligne se brisa et il réussit à s’échapper,  mais un petit bout d’hameçon resta coincé au fond de son gosier,  et il fut pris tout à coup d’un formidable hoquet  « hic ! hic ! »  qui le projeta dans les airs comme s’il sautait sur un ressort.

 

Il resta ébahi en découvrant ce paysage inconnu.  A chaque bond,  il aperçut l’un après l’autre,  comme une série de cartes postales,  d’abord un coin de verdure, puis un arbre,  une fleur et enfin les oiseaux qu’il regarda voler avec envie ;  il essaya de les imiter et, à chaque soubresaut,  plein d’espoir,  agita ses nageoires.

 

Soudain,  il décolla au ras de l’eau et s’éleva dans le ciel ;  quand il replongea,  ses amis lui demandèrent de raconter ce qu’il voyait là-haut,  et il leur décrivit le ciel immense, les nuages,  le soleil.

 

Mais un beau jour,  il aperçut de bonne heure tout un groupe de pêcheurs,  et, sans perdre un instant,  alla prévenir ses amis du danger ;  ils ramassèrent des herbes et accrochèrent leur récolte au bout des cannes à pêche qui trempaient dans l’eau.

 

Les pêcheurs, croyant avoir une prise, se réjouirent à l’avance,  mais ils furent bien déçus en découvrant ce qui alourdissait leurs lignes ;  découragés,  ils abandonnèrent la partie en jurant qu’ils ne reviendraient plus pêcher par ici.

 

Les habitants de la rivière en furent bien soulagés !  Et ils vécurent longtemps, bercés par les récits du magnifique poisson volant.

 

Auteur :  Corderoc’h  et Béatrice Solleau

 

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