Pitou le petit chien

 

 

Entendez-vous ce bruit de grelots qui s’éloigne de la ville ?  C’est Pitou, le petit chien de Jean-Pierre. Comme il est gentil avec son nœud de velours et son collier du dimanche !

 

Pitou s’en va passer la journée à la ferme de l’oncle Léon. Hop,  il bondit par-dessus le fossé. Il court dans l’herbe.  Autour de lui, les moineaux s’envolent.

  

Pitou aperçoit le merle sur sa branche : « Pardon, c’est bien par ici la campagne ? »

- Evidemment répond le merle en secouant ses plumes.  Regarde : le papillon vole, le ruisseau chante, les fleurs poussent et le cerisier parle dans le vent.  Ici tu peux courir à ton aise !

  

-  C’est drôle, un petit chien qui se promène ! dit le papillon, effronté.

 

Et le voilà qui se pose sur le nez de Pitou.  Au loin,  on entend crier : « coucou ! coucou ! »  . C’est le coucou qui fait des farces, explique la vache en mâchant des pâquerettes.

  

Elle se penche vers Pitou.  Elle avance son museau tout mouillé entre les barbelés et elle examine le petit chien avec étonnement.  Pitou se met à courir vers le village.

   

- Holà ! dit le lièvre, tu marches sur mes fleurs,  elles sont tout écrasées. 

Il dresse les oreilles.  Il tourne la tête pour voir si quelqu’un arrive :

- Tu es entré dans mon jardin. Tu ne sais pas que l’herbe pousse ? Regarde, tu as fait tomber toute ma rosée du matin.

- Je m’excuse .  J’aurais dû faire attention, dit le petit chien confus.

- Tiens, voilà Pitou !  dit une voix toute fêlée par-dessus le talus.

- Wow, wou, wou,  fait Pitou, intrigué.

- Il ne faut pas te fâcher. Je ne suis pas si drôle avec mes cornes.  Je m’appelle Biquette, la chèvre.

 

Biquette grimpe sur le talus :

- Ma voix est un peu enrouée depuis l’hiver passé,  mais, à part cela, je ne fais jamais de mal à personne.

  

Pitou arrive devant la ferme de l’oncle Léon.

- Hep,  le petit chien !

  

C’est Noiraud,  le chat, qui montre le bout de ses oreilles par le trou de la barrière :

- Viens avec moi :  je vais te donner un bon conseil. Tu vois, au bout du jardin,  la grange où trottent les souris ?  De l’autre côté,  il y a le poulailler.  Le fermier n’est pas là et on s’amuse bien.

 

Pitou ne demande pas mieux que de jouer à la ferme pendant que l’oncle Léon travaille aux champs avec les domestiques. Le voilà qui se précipite dans le poulailler,  dans les écuries, partout.

   

Les poules se dispersent.  Les pigeons s’envolent.  Les poussins se cachent dans la cuisine, et les canards, dans la grange.  Enfin, Pitou s’arrête au milieu de la cour.  Il est tout essoufflé.

 

Les canetons s’approchent avec prudence :

- C’est sûrement un petit chien, dit l’un d’eux.

   

Le dindon se croit plus malin que les autres :

- Vous n’y connaissez rien, dit-il.  C’est un crocodile ou bien quelque chose comme ça.

  

Le coq va parler.  Il saute sur la brouette.  Il n’a pas l’air commode :

- Comment t’appelles-tu ?

- Pitou.  Je m’appelle Pitou, répond le petit chien.

- Est-ce que tu sais chanter ? fait le coq en jetant son cocorico …non, tu ne sais pas chanter.  Alors , qu’est-ce que tu sais faire ?

- Je sais aboyer, sauter sur la chaise, porter le journal et donner la patte.

- Est-ce que tu sais nager ? demande le canard en agitant la queue ?

- Bien sûr ;  pourquoi pas ?

 

Les canards se regardent.  Qui donc aurait cru que les petits chiens savent nager ?

- Et même, ajoute Pitou, je sais faire le beau quand on me le demande…. Regardez…

Roussette,  la poule, accourt à grandes enjambées :

- Que se passe-t-il ? demande-t-elle.

- Nous avons trouvé un petit chien savant.  Il fait le beau et donne la patte.

- Tiens,  qu’est-ce qu’il a autour du cou ?

 

Roussette s’approche en inclinant la tête sur le côté. Elle tire sur le ruban de velours.  Le nœud se défait, Pitou n’est pas très content.

 

Cochonnet s’est enfui de la porcherie pendant que sa mère avait le dos tourné.  Pitou a bien envie de lui mordre la queue pour voir ce qu’il va dire.  Il se met à courir après lui.  Mais Cochonnet ne se laisse pas faire.  Voilà quelqu’un avec qui on a du plaisir à s’amuser !  Il roule dans la poussière.  Il saute sur le fumier,  Il fait le tour de l’abreuvoir à toute vitesse.

 

Pitou va rattraper le petit cochon…Mais voici la fille du fermier qui vient voir ce qui se passe.

- Quel est ce petit chien ?  dit-elle  en déposant son panier sur le trottoir. Elle tend la main :

- Donne-moi la patte… Mais c’est Pitou, le chien de Jean-Pierre !  pauvre Pitou,  comme tu es noir !  Qu’est-ce que tu as fait ?  vite , à la lessive !

 

Elle emmène Pitou à la buanderie.  Frotte la brosse !  Mousse le savon !  Pitou en a plein le nez, les oreilles et les yeux.

 

- Si tu es sage,  dit la fille du fermier en essuyant les oreilles du petit chien,  tu pourras entrer dans la cuisine.  Je te ferai un petit manteau pour cet hiver.  Demain , papa t’emmènera dans sa voiture et nous irons te reconduire à la ville…. Mais pour cela,  il faut être bien propre et bien brossé.

 

Où mettrons-nous sécher le petit chien ?  se demande la fille du fermier.  Elle a une bonne idée :

- Nous le mettrons sécher dans la chemise qui pend au jardin.  Ainsi,  il ne pourra plus se salir. Il sera très bien au soleil.

 

A présent, Pitou est tout à fait sec.  Quatre heures sonnent.  Les enfants rentrent de l’école en courant :

- Oh, le joli petit chien !

 

Pitou remue la queue.  Cela veut dire :

- C’est moi , Pitou,  le petit chien du cousin Jean-Pierre qui habite en ville.

 

Tous les enfants le reconnaissent.  Vite un morceau de sucre.. de la bonne soupe… des caresses par-ci,  des caresses par-là.  Jamais Pitou ne fut à pareille fête.  Mais voilà déjà le soir.  C’est l’heure où les canards rentrent de l’étang.

 

Partout dans les fermes, les petits chiens se reposent,  le nez entre les pattes.  On a couché Pitou dans la niche bourrée de paille.   Ainsi s’achève la journée du petit chien.  Il est fatigué d’avoir couru à travers champs.  Il s’endort.  Voyez comme il est mignon quand il sommeille ! 

 

Chut,  il ne faut pas le réveiller maintenant.  C’est demain qu’il retournera chez Jean-Pierre,  en ville.

 

« Texte de Gilbert Delahaye-Chader »

 

 

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