Gamba, le pauvre éléphant

 

 

Il était une fois,  dans la jungle de la très lointaine Afrique du Sud,  un petit éléphant qui s’ennuyait beaucoup.  Les heures lui paraissaient une éternité.  Comment se fait-il qu’un éléphant s’ennuie autant ?  Il y a tellement de services qu’il peut rendre à ses amis dans la jungle.

 

Mais voilà ; d’amis, il n’en avait pas.  Personne ne voulait jouer avec lui et tous les animaux riaient de notre brave éléphanteau.  Pourquoi ?  Gamba était infirme.  Mais oui,  il avait une queue en tire-bouchon , comme les petits cochons du Canada.

 

Non seulement le pauvret souffrait de solitude, mais encore les autres habitants de l’immense domaine se moquaient de lui et inventaient toutes sortes de mauvais tours pour le rendre encore plus malheureux et le décider à quitter enfin la jungle.

 

Pas une fois il ne pouvait passer sous un palmier sans que les deux petits singes, Sisi et Bobo, ne lancent des noix de coco sur la tête de notre ami, tant et si bien que cette pauvre tête était maintenant complètement déformée par les bosses résultant de la chute des noix.

 

Plus loin, un perroquet le blessait en lui répétant toujours les mêmes paroles méchantes : « Gamba, tu as la queue en tire-bouchon, alors ouvre donc ces bouteilles. »  ou encore  « Va-t-en d’ici, tu n’es pas des nôtres. Les animaux de la jungle sont forts et normaux. Toi, tu es fort mais infirme ; tu ne fais donc pas partie de notre grande famille. »

 

Alors notre Gamba s’en allait, tout triste, dans son petit coin très retiré ; il pleurait.  Dans son isolement, il pensait :  - personne ne veut de moi, personne pour jouer, mais tout le monde pour se moquer de ma queue.  Il faut que je trouve une solution qui me permettrait de leur faire oublier cette infirmité.

 

Soudain, il voit ses compagnons jouer au baseball.  Qu’il aurait donc voulu faire parti de leur équipe ! Les membres en étaient : le roi des animaux, les deux espiègles de singes, Sisi et Bobo,  Madame la girafe et son petit dernier-né,  les deux frères de Gamba qui, eux, avaient la chance d’être normaux, enfin le terrible perroquet, arbitre incontesté de cette fameuse équipe.

 

Dans son coin, notre petit ami les regarde et rêve à tous les exploits qu’il pourrait accomplir pour gagner, si seulement il pouvait jouer, ne fût-ce qu’un moment.

 

Aussi, un beau jour, alors qu’il était seul comme toujours, il décida de pratiquer au cas où, pour une fois, ses confrères le laisseraient venir avec eux, même si ce n’était qu’à titre de remplaçant. Le voilà donc avec un bâton retenu par sa trompe. Il lance la balle de sa patte avant, et un magnifique coup suit ce premier essai.  L’enthousiasme le soulève et le bonheur se lit sur sa figure.

 

Tout à coup, il entend quelqu’un appeler au secours. C’est la voix de Sisi et de Bobo. Il court vite en direction de l’appel. Peu lui importe que les singes se moquent de sa queue ; dans son coeur, il les aime et les considère comme des amis.  Il court donc à leur aide sans hésitation, aussi vite que ses jambes veulent bien le porter.

 

Sitôt arrivé à l’endroit d’où proviennent les cris, c’est-à-dire à la mare, il aperçoit tous les autres animaux qui sont là, bouche bée, à regarder nos deux taquins se débattre dans des sables mouvants. Personne n’ose approcher, de peur d’y tomber à son tour.

 

C’est alors que Gamba, n’écoutant que son courage et son cœur, avance un peu puis tend sa longue trompe à Sisi.  Malheureusement, ça ne va pas ; la trompe glisse des mains du singe.  Gamba se retire un peu à l’écart et fait travailler très fort sa tête, son imagination, afin de trouver une idée pour sauver les malheureux.

 

Un éclair de génie lui traverse subitement l’esprit ; il s’élance vers les sables mouvants, se retourne et tend sa queue à Bobo qui réussit à en attraper le bout. Comme par miracle,  la drôle de queue en tire-bouchon s’étire, ce qui permet à Gamba de sauver nos deux espiègles.

 

Et savez-vous quelle fut la meilleure récompense de notre brave éléphanteau ?  Sa queue est devenue pareille à celle de ses frères.  Mais non, il n’est plus infirme, puisque sa queue, en s’étirant, est devenue normale.

 

Comme il est heureux à présent !  Tous les jours, il va retrouver ses nouveaux amis pour jouer.  Et s’il a gagné des copains, c’est non seulement parce qu’il est comme les autres, mais c’est surtout à cause de son grand cœur et de son courage.  Aussi, dans l’équipe, il a remplacé le lion ; celui-ci a même prêté sa couronne en hommage.

 

Depuis ce jour mémorable, une joie sans nuage habite la jungle africaine. Gamba est reconnu comme champion des lanceurs de baseball. Il ne cesse de regarder et d’admirer sa belle queue toute neuve, en remerciant Sisi et Bobo ;  c’est quand même grâce à eux s’il est aussi heureux aujourd’hui.

 

« Texte de Diane Bélair »

 

 

 

 

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