Fascination

 

 Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fois que nous allons un peu plus près d’amour,
Vois-tu, c’est un grand fleuve où je crains notre chute.
Au-dessus de l’abîme ouvert, notre âme lutte
Gémissante, attirée, au bord d’un grand bruit sourd.

D’abord des souffles courts, et puis des vagues
Submergeant tout et le ponton raison,
Constellées d’astres noirs dans leurs flancs renversés,
Orgues déchaînées, fouets des ténèbres.

Gouffre en moi du désir et golfe d’ombre au flanc des monts ;
Dans ce poudroiement d’idées et de luisante noirceur,
J’erre étrangement affamé de clarté neuve,
De chaud contact et d’annihilation

 

Auteur : « Jean Wahl »

 

 

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