La ville « Amour »
Je suis né dans la ville Amour,
quartier du coeur, rue de la tendresse.
Devant la porte, il y a une cour,
où tu peux laisser toutes tes détresses.
Sur la grande façade blanche,
j'ai dessiné deux lèvres rouges,
et si un jour, tu veux entrer,
tu n'as qu'à poser un baiser.
La porte s'ouvrira
et tu entreras dans mon rêve.
Je suis né dans la ville amour,
quartier du coeur, rue de la tendresse.
Devant la porte, il y a une cour,
où tu peux laisser toutes tes détresses.
Quand j'étais petit garçon,
ma grand-mère me disait souvent,
il ne faudra jamais t'éloigner de la ville amour,
car de l'autre côté de la colline, là-bas,
il y a la ville haine avec son
quartier d'horreur, rue de la violence.
Devant la maison, tu verras,
il y a une cour où tu devras laisser
tous tes sentiments.
Sur la grande façade noire,
il y a des tas de numéros,
et si un jour tu veux entrer,
tu devras donner de grands coups de pieds ;
la porte s'ouvrira et tu entreras
dans le cauchemar.
Depuis, j'ai grandi, depuis, j'ai vieilli
et ma grand-mère s'en est allée.
Et les hommes ont pris la tête des deux villes
et ils les ont fusionnées,
depuis j'ai grandi, depuis j'ai vieilli,
et je ne sais plus très bien
où est la ville amour et où est la ville haine;
je ne sais plus très bien où est le bien et où est le mal.
Et je cherche dans ma tête,
et je vieillis encore.
Je voudrais bien une fois, avant de m'en aller,
retourner au temps où j'étais un enfant,
et où ma grand-mère m'expliquait
qu'il ne faudrait pas m'éloigner,
m'éloigner de la ville amour, quartier du coeur,
rue de la tendresse.
Devant la porte, il y a une cour,
où tu peux laisser toutes tes détresses ;
sur la grande façade blanche,
j'ai dessiné deux lèvres rouges,
et si un jour, tu veux entrer,
tu n'as qu'à poser un baiser;
la porte s'ouvrira et tu entreras...
dans mon rêve.
Auteur : « Joseph Weigert »
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